Il est vrai que l’on évoque surtout les audits d’acquisition lors de la transmission des PME et des grandes entreprises. Ils peuvent toutefois se révéler fort utile pour les entreprises d’une dizaine de salariés. Pour les structures plus petites, un simple audit comptable est tout de même fortement conseillé.

Quand mener les audits ?
Ils sont généralement menés après la signature du protocole d’accord, mais avant d’avoir conclu l’acte de cession. Certains professionnels peuvent conseiller de mener ces audits plus en amont, après la signature de la lettre d’intention.

Quel est l’intérêt des audits d’acquisition ?
L’audit d’acquisition est une étape indispensable. Il va permettre à l’acquéreur d’examiner la cible sous différents aspects, de valider les différents documents qui lui ont été transmis, de détecter des risques éventuels, de collecter de nouvelles informations. L’audit va permettre à l’acquéreur potentiel de prendre sa décision. Ne pas mener des audits pour économiser quelques milliers d’euros peut, plus tard, coûter bien plus cher !

Quels sont les professionnels qui mènent les audits ?
Le repreneur devra faire appel à des professionnels pour réaliser les audits d’acquisition. L’audit comptable et financier sera réalisé par un expert-comptable qui pourra aussi être compétent sur l’aspect fiscal. L’audit juridique est de la compétence d’un avocat, de même que l’audit social. Soulignons que le repreneur doit s’impliquer dans ces audits, notamment en questionnant précisément son expert-comptable ou son avocat sur leur travaux.

Quels sont les audits à mener ?
Les audits d’acquisition ne sont pas encadrés par des normes précises. C’est le repreneur qui doit, en concertation avec ses conseils, en définir les contours et les domaines. Il doit tenir compte du rapport coût/bénéfices sachant, encore une fois, que l’économie de quelques milliers d’euros peut lui coûter, à terme, beaucoup plus cher.

  • Comptable et financier
Parmi les éléments précis qui doivent être examinés par l’expert-comptable, notons la rentabilité, les engagements hors bilan, les états de trésorerie, l’évolution future du Besoin en fonds de roulement (BFR), les échéances de remboursement de la dette, l’examen des comptes clients, l’état des privilèges relevés au greffe du tribunal de commerce. La liste n’est pas exhaustive. L’objectif est de confirmer ou d’infirmer le caractère sincère et exhaustif du bilan. Par ailleurs, il faut comprendre comment à évolué le résultat au cours des 3 derniers exercices. Pour sa part, l’audit financier va analyser les relations bancaires (contrats de prêts, autorisation de crédits, cautions, etc.) et la trésorerie.
  • Fiscal
Certes, le risque fiscal doit être couvert par la garantie de passif et d’actif, il s’agit toutefois, à travers cet audit, de contrôler la bonne application de la réglementation fiscale par l’entreprise et de rechercher s’il existe des passifs, voir des contentieux, dans ce domaine.
  •  Social
L’audit social va couvrir les contrats de travail, les avantages particuliers, les rémunérations, la pyramide des âges, les indemnités de fin de carrière, etc. L’un des risques sociaux le plus courant concerne les cotisations sociales. Il incombe à l’expert-comptable de savoir si elles ont bien été calculées et bien payées à l’Urssaf. Une des grandes priorités de l’audit doit être de regarder avec attention l’aspect ressource humaine.
  • Juridique
L’ensemble des contrats sera analysé avec soin. Il faut considérer avec attention les contrats qui présentent une notion d’intuitu personae, comme les contrats d’emprunt. Il faut alors examiner les clauses de substitution. De même, il est important de regarder s’il existe des liens particuliers entre le dirigeant et certains fournisseurs. Concernant les contrats à long terme, comme les baux commerciaux, les possibilités de sortie, et dans quelles conditions, doivent être bien appréhendées.